01/03/2026
Hier soir, à Beauregard, la salle était pleine. Et attentive. Très attentive.
L’inutile beauté : une soirée suspendue
Il y avait dans l’air quelque chose de particulier. Dès les premières minutes de L’inutile beauté, le silence s’est installé naturellement, comme une évidence. . Sur scène, la lumière, subtilement travaillée par Antonin Liège, baignait l’espace d’une teinte presque irréelle, entre ombre et douceur. Un éclairage délicat, jamais envahissant, qui enveloppait le texte et lui donnait une dimension intime.
À la guitare, Paul Lecomte a installé une ambiance sonore feutrée, planante, profondément habitée. Ses interventions musicales, ponctuées de pauses parfaitement maîtrisées, ne venaient pas illustrer le texte : elles l’accompagnaient, lui donnaient de la profondeur, en révélaient les silences et les respirations.
Plusieurs morceaux ont également été interprétés comme de véritables interludes, apportant une résonance contemporaine au récit. On a ainsi reconnu “Glory Box” de Beth Gibbons, dont la mélancolie enveloppante faisait écho à la densité du texte. Des titres de Gwen Stefani, période No Doubt, ont également été revisités, notamment “It’s My Life”, insufflant une énergie singulière et presque punk à l’ensemble. Ces respirations musicales, à la fois surprenantes et parfaitement intégrées, ont renforcé l’intensité dramatique de la soirée.
Face au public, Olivier Clerc a livré une interprétation magistrale. Présence, justesse, intensité : le texte vibrait, prenait chair, passait du comte à la comtesse, nous emmenait tour à tour vers la réflexion, la gravité, parfois l’ironie. Il ne jouait pas, il incarnait. Et la salle suivait, captivée.
Une salle comble et un public conquis
La salle était comble et le public, très attentif, a manifestement beaucoup apprécié la représentation. L’écoute était profonde, les réactions chaleureuses, et l’on sentait, au moment des applaudissements, que chacun aurait volontiers signé pour prolonger encore la soirée.
Une organisation réussie et conviviale
Cette belle soirée était organisée par Les amis de l'église Saint François d'Assise (LASFA) fidèle à leur engagement constant en faveur de la vie culturelle de notre commune.
La buvette a d’ailleurs très bien fonctionné, prolongeant le plaisir du spectacle par des échanges chaleureux et des discussions animées. Ces moments simples, autour d’un verre, participent aussi à la réussite d’une telle soirée.
Au-delà de la qualité artistique indéniable, c’est cela que l’on retient : un village qui se rassemble, une culture accessible et exigeante, et cette capacité à faire de Beauregard un lieu vivant, vibrant.
Hier soir, l’« inutile beauté » n’avait rien d’inutile. Elle était précieuse.








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